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Ils sont 40.000 en Israël : Erythréens, Soudanais, Nigérians, entrés illégalement dans le pays il y a une dizaine d’années, après avoir traversé le désert et franchi la frontière avec l’Egypte. Issus de zones de guerre, donc non-expulsables, ils vivent ici, mais sans aucun droit ni perspective : Israël accorde peu de statut de réfugié à des migrants non-juifs.

Rotem Genossar, 33 ans, professeur d’éducation physique, a fondé pour eux un club d’athlétisme. Son objectif : leur donner un statut, une image positive, et peut-être, un jour, des papiers. 80 athlètes de 6 à 22 ans, tous venus d’Afrique, suivent son entraînement. Opiniâtre, Rotem a obtenu que plusieurs de ses protégés participent aux compétitions officielles, même privés de nationalité israélienne. Grâce à leurs bons résultats sportifs, certains athlètes ont même pu bénéficier d’une bourse d’études. (https://info.arte.tv)

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« Benyamin Nétanyahou a effectué, jeudi 31 août, une visite inhabituelle dans les quartiers sud de Tel-Aviv, à proximité de la gare centrale de bus. Le premier ministre israélien a voulu exprimer une soudaine empathie à l’égard des habitants de ces quartiers paupérisés. Non pas en raison du dénuement de leurs habitations, mais de la présence massive de ceux qu’on nomme les « infiltrés » : les migrants africains, originaires d’Erythrée et du Soudan. « Nous allons rendre le sud de Tel-Aviv aux citoyens d’Israël », a lancé le chef du gouvernement.
M. Nétanyahou ne s’est pas contenté de cette visite. Il a aussi prononcé un long monologue, dimanche, à l’occasion du conseil des ministres. Il a évoqué le sort de « Sophia, 72 ans », qui habite au 6e étage d’un immeuble exclusivement peuplé d’« infiltrés illégaux », qui ne sont pas selon lui des « réfugiés » mais des « migrants économiques ». Israël refuse d’accorder un statut de réfugié aux migrants, d’où qu’ils viennent en Afrique.
« C’est la faute du gouvernement s’ils se sont concentrés dans ces quartiers, c’est là qu’ils ont été systématiquement envoyés après leur détention, souligne Jean-Marc Liling, directeur du Centre pour les migrations internationales et l’intégration (CIMI). Dans ces quartiers de Tel-Aviv déjà pauvres, sans infrastructures, les Israéliens les plus vulnérables qui sont restés ont eu le sentiment de ne plus être chez soi. Mais les arrivants ont aussi ouvert des commerces, peuplé les écoles. »
Benyamin Nétanyahou, lui, se félicite d’être parvenu à en faire partir 20 000 sur les quelque 60 000 qui étaient entrés en Israël par le Sinaï égyptien, avant l’édification d’une barrière de sécurité à la frontière, fin 2011. Il estime qu’en initiant la construction de la clôture avec l’Egypte, il a sauvé Israël d’un péril existentiel. Sans cela, « il y avait une menace réelle pour le futur… »

 

 
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